L’ESCLAVAGISME MODERNE AU SERVICE DU PRÊT-À-PORTER
- ecsmaster360
- 12 nov. 2014
- 2 min de lecture
Contrairement à l’idée du shopping vendue par les agences de communication des grands groupes, qui pourrait se résumer à des pin-ups tout sourire en train de dépenser avec entrain leur salaire du mois sur de la musique entraînante, l’achat de vêtements peut se révéler loin d’être innocent. Chacune de leurs caractéristiques cachent une histoire : où et comment ont-ils été fabriqués, et plus important encore : par qui ?

24 avril 2013 : plus de mille travailleurs meurent suite à l’effondrement de l’usine Rana Plaza (Bangladesh) des causes d’une insuffisante maintenance du bâtiment. Bien que fort médiatisé, cet accident dramatique n’aura pas fait arrêté de tourner le monde dans la ville bangladaise : cette énième catastrophe n'aura que rappelé au monde les conséquences parfois douloureuses de la mondialisation. Au Bangladesh, ainsi que dans le reste de l’Asie, ce genre d'incidents fait encore aujourd’hui quasiment partie du quotidien
Des conditions de travail inhumaines
Le concept est connu : les travailleurs des pays de l’Ouest coûtent trop cher. Les entreprises délocalisent donc dans des pays avec une main-d’œuvre de préférence expérimentée et (très) peu chère, souvent dans des contrées plus laxistes sur les conditions de travail comme l’Asie ou encore l’Afrique. A ce niveau, tout sacrifice devient permis au nom du dieu sacré de la productivité : fondations posées sur d’anciens marais, rajout illégal d’étages supplémentaires, conditions de travail horribles, tout est bon pour diminuer les coûts de production.

Ces usines, que l’on aurait considérées comme insalubres dans les pays occidentaux, permettent aux employeurs peu scrupuleux d’imposer des cadences de travail horribles : des semaines à 12h par jour sont devenus monnaie courante. Lorsque les quotas fixés ne sont pas atteints, les heures supplémentaires pleuvent allègrement, bien qu’elles soient non refusables sous peine de sanction physiques (coups de bambous et autres joyeusetés) voire de limogeage sans préavis. L’engagement de mineurs n’étant pas encadré, ils sont nombreux à subir le même horaire. Si ces mesures ne suffisent pas, des cas de sous-traitance d’une partie de la commande chez des producteurs illégaux ont également déjà été reportés. Ces derniers manifestent encore moins d’intérêt pout le bien-être de leurs employés. A cette caricature s’ajoute d’autres aspects tout aussi désolants en la personne des nombreux dangers sanitaires, liés aux produits toxiques utilisés pour le vieillissement des jeans et le tannage du cuir. Ces produits sont ensuite rejetés dans l’environnement, et ce en dépit des conventions les plus basiques.
Pourquoi cela continue-t-il ?
On peut alors se demander pourquoi de telles atrocités ont encore cours aujourd’hui. En fait, les grandes marques de prêt-à-porter rendent l’acte d’achat extrêmement simple : le consommateur est totalement détaché de tout le processus en amont et de toutes les conséquences qu’il peut engendrer.

Des gestes simples au quotidien (vérifier le pays de production, s’y connaître un minimum dans les méthodes de tannage) permet d’effectuer un tri entre deux vêtements que l’on aurait aimé acheter, le must étant de s’assurer de la volonté de la marque d’une recherche de qualité des produits et de bien-être des travailleurs. Dans un monde toujours plus connecté, s’en assurer n’est plus qu’une question de minutes.
Si vous désirez en connaître d’avantage, n’hésitez pas à regarder le documentaire de Spécial Investigation à propos de l’empire du prêt-à-porter, plus particulièrement celui de H&M.
Emmeline Everaert