Dans le silence le plus total, les antibiotiques rendent les armes.
- Michael Rossi
- 16 janv. 2017
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Une septuagénaire est décédée samedi 14 janvier après avoir été traitée avec 26 antibiotiques différents, incluant ceux aux spectres les plus larges. La bactérie en cause, Klebsiella pneumoniae, est dite super-résistante. Elle n’est pas la seule. 700 000 mille personnes meurent chaque année dans des conditions similaires.
La sonnette d’alarme n’a pas été tirée, en réalité elle sonne depuis des dizaines d’années. Alexander Fleming, l’inventeur de la pénicilline, évoquait déjà l’inefficacité future des antibiotiques dans le cas d’une utilisation intensive et systématique sur des souches bactériologiques dites bénignes.
L’OMS et l’ONU préparent des rapports, comprenant des scénarios plus ou moins pessimistes. Ils estiment que nous devenons incapables de traiter des maladies qu’on pensait sous contrôle comme la tuberculose ou certaines maladies sexuellement transmissibles. Les animaux d’élevage sont aussi touchés, et cela affectera la production alimentaire à moyen terme.
La situation est préoccupante depuis quelques années et la mortalité mondiale va s’accroitre. Aucune nouvelle classe d’antibiotique n’est sortie des laboratoires depuis 20 ans.
Le moindre acte chirurgical deviendrait risqué, et la mortalité mondiale repartirait violemment. Si nous ne relançons pas la recherche, si nous ne réduisons pas l’utilisation des antibiotiques, l’avenir des générations futures changera radicalement avec une régression stupéfiante de l’espérance de vie.
C’est un problème de santé mondial qui se dresse devant nous.
